Quatre scrutins pour dix livres

Cette séance du 24 janvier est attendue par les membres du jury car elle valide nos découvertes, nos choix des lectures suivies par le groupe depuis le mois de septembre.  C’est une période dense et riche à la fois car elle nous oblige à mener notre propre comité de lecture et c’est en fin de compte un important travail de débroussaillage.
En effet, ce soir nous votons pour les 10 titres qui vont être en lice et qui alimenteront nos prochaines séances de discussions.  Mais avant cela, il nous reste encore à revisiter la grille des « livres toujours en lecture » car certains d’entre nous doivent encore donner un ultime avis sur quelques titres.
C’est pourquoi, il va y avoir à nouveau du mouvement : 5 nouveaux titres vont être sélectionnés, ce qui nous fournira un panel plus riche de livres à choisir.

Voici les titres qui s'ajoutent à la sélection :
L’arbre du pays de Toraja de Philippe Claudel
L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset
Désorientale de Negar Djavadi
L’enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi
Bondrée de Andrée A. Michaud

Et, faute de lectures supplémentaires et d’avis positifs, ceux qui sont été écartés :
Un soir à Sanary de Michèle Kahn
En douce de Marin Ledun
La montagne rouge d’Olivier Truc

À ce stade, rien n'a encore vraiment commencé. Les membres du jury viennent de présélectionner  22 titres et  vont maintenant choisir 10 romans parmi la liste suivante. Kannjawou de Lionel Trouillot (Actes Sud) Mémoire de fille de Annie Ernaux (Gallimard) 3 jours et une vie de Pierre Lemaître (Albin Michel)
Rien ne se perd de Cloé Mehdi (Jigal Polar)
Le grand marin de Catherine Poulain (Editions de l'Olivier)
Le mystère Henri Pick de David Foenkinos (Gallimard)
Un dangereux plaisir de François Vallejo (Viviane Hamy)
Envoyée spéciale de Jean Echenoz (Minuit)
California Girls de Simon Liberati (Grasset)
Tropique de la violence de Natacha Appanah (Gallimard)
Règne animal de Jean Baptiste Del Amo (Gallimard)
Rose minuit de Marina de Van (Allia)
Marcher droit, tourner en rond de Emmanuel Venet (Verdier)
Celle que vous croyez de Camille  Laurens (Celle que vous croyez)
Des chauves souris, des singes et des hommes de Paule Constant (Gallimard)
Continuer de Laurent Mauvignier (Minuit)
Un hiver avec le diable de Michel Quint (Presses de la Cité)
L’arbre du pays Toraja de Philippe Claudel (Stock)
L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset (Gallimard)
Désorientale de  Negar Djavadi (Liana Levi)
L’enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi (Grasset)
Bondree Andrée A. Michaud (Rivages)

 Maintenant que les votes commencent !!

Au premier tour, les titres qui ont obtenus entre 4 et 6 voix sont automatiquement sélectionnés :
6 voix :
Bondrée de Andrée A. Michaud
5 voix :
Des chauves-souris, des singes et des hommes de Paule Constant
Un dangereux plaisir de François Vallejo
Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo
4 voix :
Tropique de la violence de Natacha Appanah
Continuer de Laurent Mauvignier

Ce premier tour met aussi en évidence les titres qui sont éliminés car n’ayant récoltés aucune voix (kannjawou) ou une seule (Rose minuit et L’arbre du pays de Toraja).

Il nous reste encore à choisir 4 titres pour le deuxième tour mais les votes sont serrés et rien ne s'en échappe vraiment.
Le dépouillement met quand même en lumière un titre qui est retenu avec 4 voix :
Un hiver avec le diable de Michel Quint

Sont éliminés :
Rien ne se perd de Cloé Mehdi
California Girls de Simon Liberati
L’enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi
Ces titres n'ont pas obtenu de voix suffisantes pour continuer à être dans la course
Il nous reste encore 3 titres à choisir, les votes sont serrés et nous n’arrivons toujours pas à nous départager. 
À ce stade du scrutin, voici les titres qui restent encore en lice

Mémoire de fille   
3 jours et une vie   
Le grand marin  
Le mystère Henri Pick 
Envoyée spéciale 
Marcher droit, tourner en rond 
Celle que vous croyez 
L’autre qu’on adorait  
Désorientale 

Il parait évident qu'un 3ème tour est donc nécessaire pour que l’on se détermine dans nos choix. 
Mais les choses avancent encore timidement puisque ne sont retenus que deux titres avec 4 voix chacun : 
Le mystère Henri Pick de David Foenkinos 
Marcher droit, tourner en rond d’Emmanuel Venet    

Mémoire de fille d' Annie Ernaux, L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset, Désorientale de Negar Djavadi ont chacun obtenu trois voix. 

Toujours pas de départage évident ! Quel suspens !! Il ne nous reste pourtant qu’un livre à élire.   

Allez, c’est reparti pour un quatrième et dernier tour !! 

Désorientale de Negar Djavadi sera le livre de la fin !!!  Avec trois voix contre deux pour Mémoire de fille et L'autre qu'on adorait.
Les membres du jury ont voté 
  
Voici la liste complète et définitive des dix romans en lice qui vont nous accompagner tout au long de cette année littéraire… 

Le mystère Henri Pick de David Foenkinos (Gallimard)
Un dangereux plaisir de François Vallejo (Viviane Hamy)
Tropique de la violence de Natacha Appanah (Gallimard)
Règne animal de Jean Baptiste Del Amo (Gallimard)
Marcher droit, tourner en rond de Emmanuel Venet (Verdier)
Des chauves souris, des singes et des hommes de Paule Constant (Gallimard)
Continuer de Laurent Mauvignier (Minuit)
Un hiver avec le diable de Michel Quint (Presses de la Cité)
Désorientale de  Negar Djavadi (Liana Levi)
Bondree Andrée A. Michaud (Rivages)

Voilà, cette soirée aura été riche en émotions, en rebondissements puisqu’il nous aura fallu 4 scrutins pour choisir les dix titres mais au final, ce choix est plutôt intéressant, éclectique, abordable mais aussi exigeant… Cela promet des moments d’échanges vivants et dynamiques que nous aurons plaisir à avoir ensemble. Nous y avons mis tous une part de nous même, ces livres nous représentent tous un peu à leur manière.  

Prix du Roman 2017 : L’avant dernière sélection de livres encore en piste

La sélection des 10 livres en lice sera définitive le 24 janvier au soir

Ce mois de Janvier est décisif pour les membres du Prix du Roman car, le 24, nous allons être amenés à choisir 10 titres parmi la sélection déjà existante de 25 titres.
Lecteurs et bibliothécaires vous promettent des moments riches en débats et échanges littéraires ...
Bonnes lectures à toues et à tous.

4 nouveaux titres ont été sélectionnés et qui s'ajoutent aux précédents
Celle que vous croyez de Camille Laurens,
Des chauves souris des singes et des hommes de Paule Constant,
Continuer de Laurent Mauvignier,
L’hiver avec le diable de Michel Quint.
Donc nous avons 17 livres sélectionnés à ce jour…
Et une nouvelle et dernière proposition de lecture a été faite :
Bondree de Andrée A.

Les sélectionnés


  • Kannjawou : Trouillot, Lionel
  • Mémoire de fille : Ernaux, Annie
  • 3 jours et une vie : Lemaître, Pierre
  • Rien ne se perd : Mehdi, Cloé
  • Le grand marin : Poulain, Catherine
  • Le mystère Henri Pick : Foenkinos, David
  • Un dangereux plaisir : Vallejo, François
  • Envoyée spéciale : Echenoz, Jean
  • California Girls : Liberati, Simon
  • Tropique de la violence : Appanah, Natacha
  • Règne animal : Del Amo, Jean Baptiste
  • Rose minuit : Van, Marina de
  • Marcher droit, tourner en rond : Venet, Emmanuel
  • Celle que vous croyez : Laurens, Camille
  • Des chauves souris, des singes et des hommes : Constant, Paule
  • Continuer : Mauvignier, Laurent
  • Un hiver avec le diable : Quint, Michel

Toujours en lecture

Un soir à Sanary : Kahn, Michèle
L’arbre du pays Toraja : Claudel, Philippe
L'autre qu'on adorait : Cusset, Catherine
En douce : Ledun, Marin
Désorientale : Djavadi, Negar
L’enfant qui mesurait le monde : Arditi, Metin
La montagne rouge : Truc, Olivier

Nouvelle proposition

Bondree : Michaud, Andrée A.

Kannjawwou de Lionel Trouillot
Cinq jeunes gens à l'orée de l'âge adulte rêvent en vain d'avenir dans le misérable quartier de la rue de l'Enterrement, proche du grand cimetière où même les morts doivent lutter pour se trouver une place. Confrontés à la violence des rapports sociaux et aux dégâts causés par des décennies d'occupation militaro-humanitaire dans leur pays placé sous contrôle de la communauté internationale, ils n'ont pour viatique que le fantasme d'improbables révolutions, les enseignements du "petit professeur" et de sa vaste bibliothèque, ou les injonctions de man Jeanne, farouche gardienne des règles d'humanité élémentaires - règles que bafouent allègrement les nantis et les représentants interchangeables des ONG planétaires. Ces derniers, le soir venu, aiment à s'encanailler au "Kannjawou", un bar local aussi pittoresque qu'authentique aux yeux de visiteurs décomplexés et surentraînés à détourner résolument le regard de l'enfer ordinaire que vit un peuple simplement occupé à ne pas mourir. Dans la culture populaire d'Haïti, le mot kannjawou désigne, à l'origine, la fête, le partage. Mais à quelles réjouissances songer quand la souffrance, qui fait vieillir trop vite, accule à la résignation jusqu'à détruire la solidarité des communautés premières ? En convoquant avec éclat la dimension combative dont toute son œuvre porte la trace ardente, Lyonel Trouillot met ici en scène la tragédie d'un pays qui, sous la férule d'enjeux qui ne sont pas les siens, pris en otage par les inégalités, les jeux de pouvoir et la précarité, dérive dans sa propre histoire, privé de tout projet collectif rédempteur.

Mémoire de fille de Annie Ernaux
«J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue». Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui…




3 jours et une vie de Pierre Lemaître
« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien... »






Rien ne se perd de Cloé Mehdi
Une petite ville semblable à tant d'autres... Et puis un jour, la bavure... Un contrôle d'identité qui dégénère... Il s'appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort... Moi, Mattia, onze ans, je ne l'ai pas connu, mais après, j'ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu'à la dislocation... Plus tard, alors que d'étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j'ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice ! C'est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s'en mêler, les mères, les s urs, les amis... Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j'essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n'est jamais vraiment enterré ! Et personne n'a dit que c'était juste... Poignant, dérangeant, ultra sensible, glaçant, Cloé Mehdi nous livre ici un récit d'une noirceur absolue !

Le grand marin de Catherine Poulin
Quand Lili Colt arrive à Kodiak, un port de l'Alaska, elle sait qu'elle va enfin réaliser son rêve : s'embarquer sur un de ces bateaux qui partent pêcher au loin. Pour la jeune femme, une runaway qui a fui jadis le confort d'une famille française pour " faire la route ", la véritable aventure commence. Le choc est brutal. Il lui faut dormir à même le pont dans le froid insupportable, l'humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, les blessures...Seule femme au milieu de ces hommes rudes, au verbe rare et au geste précis qui finiront par l'adopter. A terre, Lili partage la vie des marins -les bars, les clubs de strip-tease, les motels miteux. Quand elle tombe amoureuse du " Grand marin ", elle sait qu'il lui faudra choisir entre sa propre liberté et son attirance pour cet homme dont la fragilité la bouleverse.


Le mystère Henri Pick de David Foenkinos
En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination?

Un dangereux plaisir de François Vallejo
En dépit de la nourriture infâme que ses parents lui impose et qu'il rejette, Elie Elian s'attarde à l'arrière du restaurant qui vient de s'ouvrir dans leur quartier. Les gestes qu'il observe et les effluves qu'il inhale sont une révélation. La découverte des saveurs d'une tarte aux fraises offerte par une voisine achève de le décider : il sera cuisinier. Dans un premier temps, il offrira son inventivité aux oiseaux et aux errants avant d'oser proposer ses services dans divers établissements. Là, tout en récurant verres et casseroles, il ne cessera d'étudier et d'apprendre avec les yeux. Mais à force de casser la vaisselle, Elie est renvoyé à la rue, où il côtoie alors des individus louches, prêts à tout pour s'en mettre plein la panse et qui tenteront de lui enseigner les principes de la grivèlerie. Sa première tentative dans un restaurant modeste lui vaudra la rencontre de sa vie : Jeanne Maudor, veuve d'un chef de qualité mort à la tâche…

Envoyée spéciale de Jean Echenoz
Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé.










California Girl de Simon Liberati
« En 1969, j’avais neuf ans. La famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire.  J’ai grandi avec l’image de trois filles de 20 ans  défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus-Christ. Plus tard, j’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes terreurs enfantines et j’ai revécu seconde par seconde le martyr de Sharon Tate. »
Los Angeles, 8 août 1969 : Charles Manson, dit Charlie, fanatise une bande de hippies, improbable « famille » que soudent drogue, sexe, rock’n roll et vénération fanatique envers le gourou. Téléguidés par Manson, trois filles et un garçon sont chargés d’une attaque, la première du grand chambardement qui sauvera le monde. La nuit même, sur les hauteurs de Los Angeles, les zombies défoncés tuent cinq fois. La sublime Sharon Tate, épouse de Roman Polanski enceinte de huit mois, est laissée pour morte après seize coups de baïonnette. Une des filles, Susan, dite Sadie, inscrit avec le sang de la star le mot PIG sur le mur de la villa avant de rejoindre le ranch qui abrite la Famille.
Au petit matin, le pays pétrifié découvre la scène sanglante sur ses écrans de télévision. Associées en un flash ultra violent, l’utopie hippie et l’opulence hollywoodienne s’anéantissent en un morbide reflet de l’Amérique. Crime crapuleux, vengeance d’un rocker raté, satanisme, combinaisons politiques, Black Panthers… Le crime garde une part de mystère. En trois actes d’un hyper réalisme halluciné, Simon Liberati accompagne au plus près les California girls et peint en western psychédélique un des faits divers les plus fantasmés des cinquante dernières années. Ces 36 heures signent la fin de l’innocence.

Tropique de la violence de Natacha Appanah
Il y a une immigration constante et tragique dont la presse française ne parle pas. Elle se déroule dans un coin de France oublié de tous, cette ancienne île aux parfums devenue peu à peu un lieu cauchemardesque : Mayotte. C'est là que Nathacha Appanah situe son roman : l'histoire de Moïse, enfant de migrant rejeté par sa mère parce que ses yeux vairons sont signe de malheur. Recueilli et élevé avec amour par Marie, une infirmière, Moïse se révolte quand il apprend la vérité sur ses origines et décroche de l'école. A la mort brutale de Marie, il tombe sous la coupe de Bruce et de sa bande de voyous, issus du ghetto de Mayotte. Il a 15 ans, se drogue, vole et se bat. Humilié, violé par Bruce, il le tue. Pour échapper à la vengeance des amis de Bruce, Moïse se jette dans l'océan au cours de son transfert au tribunal.
Règne animal de Jean Baptiste Del Amo
Au cours du XXe siècle, Règne animal retrace, en deux époques, l'histoire d'une exploitation familiale vouée à devenir un élevage porcin. Dans cet environnement dominé par l'omniprésence des animaux, cinq générations traversent le cataclysme d'une guerre, les désastres économiques et le surgissement de la violence industrielle, reflet d'une violence ancestrale. Seuls territoires d'enchantement, l'enfance, celle d'Eléonore, la matriarche, celle de Jérôme, le dernier de la lignée et l'incorruptible liberté des bêtes, parviendront-elles à former un rempart contre la folie des hommes ? Règne animal est un grand roman sur la dérive d'une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie et toute sa misère. "Des images lui reviennent, surgies d'une mémoire atavique : des plaines fourragères et sauvages, des souilles établies dans les fougères, au coeur de forêts primitives, des rivières indomptables aux flots desquelles il s'abreuve, des meutes de loups qui menacent, une harde innombrable, dont il fait partie, et avec laquelle il chemine. Puis, se superposent les voix des hommes, les encouragements et les cris, les coups assenés sur le groin, dans les flancs, sur la croupe, leurs mains qui l'empoignent par l'oreille et la tordent, leurs mains qui déversent la nourriture dans l'auge, leurs mains qui font couler l'eau, leurs mains qui le guident vers la truie immobile, saisissent son sexe qui tâtonne et le guident. Enfin, le visage ovale et redoutable des hommes qui se penchent par-dessus les barrières des enclos et décident du jour et de la nuit".

Rose Minuit de Marina De Van
Dans ce thriller psychologique, Marina de Van s'attaque à un thème ambitieux : la haine d'un père pour sa fille. Elle dissèque la déchirure, sans jamais la colmater... L'homme de 75 ans a coupé les ponts avec sa fille, à qui il reproche la mort de sa femme. Lorsqu'elle lui rend visite à l'hôpital, ce séducteur prétend ne pas la connaître, la juge laide. Elle revient le lendemain, vêtue de façon affriolante. Il désire qu'elle lui relate sa vie sexuelle. Mais sa fille n'a eu que peu d'amants. Elle revient le lendemain : elle a bu la veille et vendu son corps à des inconnus… Dégoûtée par cette nuit, elle annonce qu'elle ne reviendra pas. Le père savoure la honte qui s'empare d'elle. Son état cependant se dégrade. Il fait rappeler sa fille... et lui relate à son tour sa vie sexuelle.




Marcher droit et tourner en rond de Emmanuel Venet
Atteint du syndrome d'Asperger, l'homme qui se livre ici aime la vérité, la transparence, le scrabble, la logique, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée jamais revue depuis trente ans. Farouche ennemi des compromis dont s'accommode la socialité ordinaire, il souffre, aux funérailles de sa grand-mère, d'entendre l'officiante exagérer les vertus de la défunte. Parallèlement, il rêve de vivre avec Sophie Sylvestre un amour sans nuages ni faux-semblants, et d'écrire un Traité de criminologie domestique. Par chance, il aime aussi la solitude.



Celle que vous croyez de Camille Laurens
Vous vous appelez Claire, vous avez quarante-huit ans, vous êtes professeur, divorcée. Pour surveiller Jo, votre amant volage, vous créez un faux profil Facebook : vous devenez une jeune femme brune de vingt-quatre ans, célibataire, et cette photo où vous êtes si belle n'est pas la vôtre, hélas. C'est pourtant de ce double fictif que Christophe -pseudo KissChris - va tomber amoureux. En un vertigineux jeu de miroirs entre réel et virtuel, Camille Laurens raconte les dangereuses liaisons d'une femme qui ne veut pas renoncer au désir.




Des chauves-souris, des singes et des hommes de Paule Constant
Paule Constant revient à l'Afrique, terreau de son oeuvre romanesque depuis Ouregano publié en 1980. Une petite fille, Olympe, veut courir avec les garçons du village qui la sèment près de la forêt. Elle découvre au pied d'un manguier une chauve-souris qu'elle emporte avec elle. Chez les Boutouls, société de guerriers et de chasseurs, les garçons rapportent le cadavre d'un énorme gorille qu'ils prétendent avoir tué. Transportée au village, la bête est dépecée et cuisinée, et tous les voisins sont invités à prendre part au festin. Agrippine arrive de Belgique pour organiser des vaccinations dans la brousse. Elle rejoint une Mission où l'attendent une quinzaine de religieuses qui soignent la population. Le Docteur Désir, avec qui elle partage une pirogue, va de village en village pour vendre des colifichets. Il troque sa marchandise contre la peau du gorille. Virgile, jeune ethnologue en tournée scientifique pour étudier le réveil des maladies endémiques causées par les plantations d'hévéas, s'arrête à la Mission. Agrippine et Virgile diffèrent dans leurs hypothèses sur la propagation des maladies. Au dispensaire se présentent des villageois, car une étrange épidémie commence à décimer le village. Olympe, qu'on désigne comme ayant le mauvais oeil, est battue et abandonnée au bord du fleuve. Débarque alors une petite équipe de chercheurs en primatologie qui redescendent de la Montagne des singes. Soudain le lecteur comprend que l'histoire se passe au bord de la rivière Ebola et que s'est mis en marche le processus implacable de la diffusion d'une épidémie terrifiante. On est alors à la fin d'une histoire racontée avec maestria. On ne l'oubliera pas de sitôt.

Continuer de Laurent Mauvignier
Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu'à aujourd'hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter. Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu'elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.



Un hiver dans la bouche de Michel Quint
Hiver 1953. Hortense Weber, jeune Alsacienne célibataire venue occuper un poste d'institutrice à Equignies, bourg de l'agglomération lilloise, accouche d'un petit garçon. A la maternité , elle rencontre Robert Duvinage, qui pratique, entre autres, l'escroquerie photographique du " bébé du mois ". Parce qu'elle le perce à jour sans le dénoncer, parce qu'il sent la jeune femme porteuse d'un secret, s'installe entre eux une relation d'affection méfiante. Robert suspend un temps ses activités pour faire le commis dans le bistrot-épicerie du maire communiste d'Erquignies et veiller sur Hortense malgré elle. La guerre d'Indochine bat son plein et divise la population, la guerre froide est vécue au quotidien... Les dissensions sont exacerbées par le procès à Bordeaux des nazis qui ont massacré les habitants d'Oradour en 1944. Parmi les accusés, treize malgré-nous, dont un engagé volontaire, alsacien. A Erquignies, on se déchire avec autant de violence que dans toute la France : responsabilité collective ou individuelle dans un crime contre l'humanité ? Peut-être en raison de ses origines, de son homonymie avec un des accusés, de son statut de fille-mère, Hortense est montrée du doigt. En même temps, ce climat ravive les plaies de la Libération, notamment l'affaire du réseau Voix du Nord, du nom du journal issu de la Résistance et de l'épuration...

Un soir à Sanary de Michèle Kahn
A Cologne, scène mondiale de l'art moderne, dans les années 30, le jeune critique d'art Max Hoka épouse Rosa, une femme rayonnante, et croit trouver le bonheur... lorsque les nazis s'emparent de l'Allemagne. Opposants, Max et Rosa doivent s'enfuir. Après une halte à Paris, ils s'établissent à Sanary-sur-Mer, petit port de pêche varois surnommé " Montparnasse-sur-Mer " ou " capitale de la littérature allemande " depuis que tant d'artistes allemands et autrichiens y ont déjà trouvé refuge, appréciant le charme et la sérénité d'un lieu où Thomas Mann, Bertolt Brecht et même le britannique Aldous Huxley ont imprimé leur marque. Mais la guerre qui éclate met vite un terme à ce séjour idyllique. A leur arrivée en France, Max et Rosa ont été fêtés, choyés. Maintenant, bien qu'antinazis farouches, ils sont désignés comme " ressortissants d'une puissance ennemie " et incarcérés…

L'arbre du pays Toraja de Philippe Claudel
« Qu'est-ce que c'est les vivants ? À première vue, tout n'est qu'évidence. Être avec les vivants. Être dans la vie. Mais qu'est-ce que cela signifie, profondément, être vivant ? Quand je respire et marche, quand je mange, quand je rêve, suis-je pleinement vivant ? Quand je sens la chaleur douce d'Elena, suis-je davantage vivant ? Quel est le plus haut degré du vivant ? »
Un cinéaste au mitan de sa vie perd son meilleur ami et réfléchit sur la part que la mort occupe dans notre existence. Entre deux femmes magnifiques, entre le présent et le passé, dans la mémoire des visages aimés et la lumière des rencontres inattendues, L'Arbre du pays Toraja célèbre les promesses de la vie. 

L'autre qu'on adorait de Catherine Cusset
"Quand tu penses à ce qui t'arrive, tu as l'impression de te retrouver en plein David Lynch. Blue Velvet, Twin Peaks. Une ville universitaire, le cadavre d'un garçon de vingt ans, la drogue, la police, une ravissante étudiante, une histoire d'amour entre elle et son professeur deux fois plus âgé : il y a toute la matière pour un scénario formidable. Ce n'est pas un film. C'est ta vie". L'autre qu'on adorait fait revivre Thomas, un homme d'une vitalité exubérante qui fut l'amant, puis le proche ami de la narratrice, et qui s'est suicidé à trente-neuf ans aux Etats-Unis. Ce douzième roman de Catherine Cusset, où l'on retrouve l'intensité psychologique, le style serré et le rythme rapide qui ont fait le succès du Problème avec Jane, de La haine de la famille et d'Un brillant avenir, déroule avec une rare empathie la mécanique implacable d'une descente.

En douce de Marin Ledun
Sud de la France. Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l'avoir séduit, sa geôlière, Emilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit dans son chenil, au milieu de nulle part. Elle lui apprend que cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d'un chauffard. L'accident lui a coûté une jambe. Le destin s'acharne. La colère d'Emilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance. En douce est un roman dévastateur, où l'injustice se heurte à la force de vie d'une héroïne lumineuse.


Désorientale de Negar Djavadi
La nuit, Kimiâ mixe du rock alternatif dans des concerts. Le jour, elle suit un protocole d'insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie Anna. Née à Téhéran en 1971, exilée en France dix ans plus tard, elle a toujours tenu à distance sa culture d'origine pour vivre libre. Mais dans la salle d'attente de l'unité de PMA de l'hôpital Cochin, d'un rendez-vous médical à l'autre, les djinns échappés du passé la rattrapent. Au fil de souvenirs entremêlés, dans une longue apostrophe au lecteur, elle déroule toute l'histoire de la famille Sadr. De ses pétulants ancêtres originaires du nord de la Perse jusqu'à ses parents, Darius et Sara, éternels opposants au régime en place ; celui du Shah jusqu'en 1979, puis celui de Khomeiny. Ce dernier épisode va les obliger à quitter définitivement l'Iran. La France vécue en exilés n'a rien à voir avec le pays mythifié par la bourgeoisie iranienne…

L'enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi
À Kalamaki, île grecque dévastée par la crise, trois personnages vivent l’un près de l’autre, chacun perdu au fond de sa solitude. Le petit Yannis, muré dans son silence, mesure mille choses, compare les chiffres à ceux de la veille et calcule l’ordre du monde. Maraki, sa mère, se lève aux aurores et gagne sa vie en pêchant à la palangre. Eliot, architecte retraité qui a perdu sa fille, poursuit l’étude qu’elle avait entreprise, parcourt la Grèce à la recherche du Nombre d’Or, raconte à Yannis les grands mythes de l’Antiquité, la vie des dieux, leurs passions et leurs forfaits... Un projet d’hôtel va mettre la population en émoi. Ne vaudrait-il pas mieux construire une école, sorte de phalanstère qui réunirait de brillants sujets et les préparerait à diriger le monde ?
Lequel des deux projets l’emportera ?

La montagne rouge de Olivier Truc
Enclos de la Montagne rouge, sud de la Laponie. Sous une pluie torrentielle, les éleveurs procèdent à l'abattage annuel de leurs rennes. Mais dans la boue, on retrouve des ossements humains. Oui est ce mort dont la tête a disparu ? Son âge va le mettre au centre d'un procès exceptionnel qui oppose forestiers suédois et éleveurs lapons à la Cour suprême de Stockholm : à qui appartiennent les terres ? A ceux qui ont les papiers ou à ceux qui peuvent prouver leur présence originelle ? Klemet et Nina, de la police des rennes, sont chargés de l'enquête. Ils découvrent une mystérieuse vague de disparition d'ossements et de vestiges sami. Ils croisent des archéologues aux agendas obscurs, mais aussi Petrus, le chef sami à la poursuite des rêves de son père dans les forêts primaires de la Laponie, Bertil l'antiquaire, Justina l'octogénaire et son groupe de marche nordique et de bilbingo.

Bondrée de André A. Michaud
A l'été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L'enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu'une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre et qu'un tueur court à travers les bois de Bondrée. Une écriture raffinée au service d'atmosphères angoissantes et de subtiles explorations psychologiques, dans la plus pure tradition de Twin Peaks de David Lynch.